Notre constat sur la profession de diagnostiqueur immobilier indépendant


La profession :

Notre profession est formée pour la majeure partie d’indépendants, de micro-entreprises, de petites entreprises et de franchises de plus ou moins grande envergure.

Depuis la création de cette profession, tout a été fait en dépit du bon sens !! Nous sommes la seule profession, en plus d’être obligé d’avoir une carte de travail (certification) renouvelable tous les cinq ans, à avoir comme prescripteur un tiers qui n’est pas le payeur et ce dernier qui n’est pas l’utilisateur… Comment voulez-vous que les intérêts des uns ne soient pas en conflits perpétuels avec ceux des autres ? Les premiers veulent « un papier » alors que le dernier prend le constat comme une véritable expertise. (Encore une fois, ceci contribue à la baisse des prix)

Depuis la création de notre profession, nous n’avons pas réussis à nous regrouper autour d’un ordre (à l’image des géomètres-experts par exemple) qui fasse poids et qui réglemente les tarifs et les pratiques. Notre profession est pourtant d’utilité publique puisqu’aucun acte de vente ou bail de location ne peut être validé sans nos diagnostics immobiliers !!

Ce qui m’amène à rappeler à chaque diagnostiqueur, que ce sont les professionnels de l’immobilier (agences, syndics, notaires, etc…) et les propriétaires qui ont besoin de nous et pas l’inverse !! (Ceci n’est en aucun cas un appel à la grève mais si nous nous entendions sur les pratiques nous pourrions remédier aux problèmes de commissionnement ou de prix cassés par exemple)

Il n’est pas trop tard pour faire fléchir nos gouvernants et faire stopper cette formule de re-certification qui est une véritable carte de travail !! Le principe même est mauvais, inadapté et permet une fraude pour les moins scrupuleux du devenir de la profession (fraude tolérée pendant 5 ans puisqu’au moment de la re-certification, ils disparaissent !! en ayant entre temps saccager la politique tarifaire d’un secteur et du métier !!)

Pourquoi ne pas remplacer ce système, par des formations obligatoires, comme il est d’usage dans d’autres professions ??

N’est-il pas temps de nous regrouper pour changer tout ça ?! Ou attendons nous, que par miracle les choses se produisent… seul dans notre coin, nous ne faisons pas le poids, c’est l’union qui fait la différence !!


Les dérives du métier :

Notre métier de diagnostiqueur immobilier est un métier hors normes, quel autre job peut se targuer d'être obligé d'avoir une certification en dehors des chauffeurs routiers et autocar avec la FIPA et les visites médicales…


La certification première mouture était une mascarade qui a ruiné les économies des sociétés structurées désireuses de rester dans les règles strictes réglementaires, (entre 5000 et 10.000 € par technicien). Les moins scrupuleux n'ont pas hésité à n'avoir qu'une ou deux certifications au mieux pour pouvoir travailler en toute sérénité, aucun contrôle par les agents immobiliers ou notaires n'étant faits. (Nous en connaissons tous !!)

Ce métier a ensuite été l'Eldorado des Pôle emploi et des reconversions professionnelles, cet intérêt subit a propulsé sur le marché des diagnostiqueurs pour qui aucune notion de rentabilité n’était en jeu puisque les formations étaient réglées par les organismes tiers. (Sous facturation des missions de diagnostics ayant engendrée une baisse systématique des prix– voir même une situation de concurrence déloyale !!) Les diagnostiqueurs émanant de la filière reconversion avait en plus le maintient de salaire pendant plusieurs années, ce métier leur permettait simplement de se « désennuyer ». Leur seule motivation étant de s’occuper et d’arriver à l’âge de la retraite avec une possibilité de revendre leur cabinet. (Mais ne mettons pas tout le monde dans le même sac…)

Nous avons eu dans le même temps les auto-entrepreneurs, calamité économique décidée par notre gouvernement qui ruine l’artisanat et officialise le travail clandestin.

Pas étonnant dans ces conditions que les prix se soient effondrés, les seuils de rentabilité étant de 1 à 6, suivant les structures ce qui fait qu'à l'heure actuelle, il vaut mieux être un franc-tireur qu'une société structurée respectant les règles. (ironie…)

Ajoutons à tous cela, la re-certification qui est en passe de ressembler à une escroquerie orchestrée, par un ensemble bien-pensant, pondant pléthores de nouveaux textes réglementaires qui ne sont pas en concordance entre eux et avant même que les précédents ne soient appliqués.


Diagnostics : 2012, il y a de quoi être perdus (et dubitatifs surtout):

Le DPE :

  • Comment comprendre que l’on fasse monter en puissance le rôle du DPE et dans un même temps supprimer son effet sur le prêt à taux 0 qui de toute façon était déjà une aberration dans sa forme ?!
  • En effet, pourquoi attribuer un crédit à 0%, plus élevé à un DPE en D alors que ce dispositif avait pour objectif la réalisation de travaux en vue de l’amélioration énergétique de biens énergivores ?! (La fourchette étant de 25 000 à 35 000 euros pour du D et moitié moins pour un bien en E).

Cette situation a poussé certains agents immobiliers à solliciter (pour ne pas dire obliger) des certificats de complaisance d' où une nouvelle rupture avec ce type de prescripteurs. Aujourd’hui, le PTZ étant supprimé pour les logements anciens, tout le monde se fout, à nouveau, de la classification énergétique. (Et voilà, nouveau bond en arrière !!) Il subsiste néanmoins des vestiges de cette politique d’affichage (lorsque le DPE ancien ouvrait encore droit à PTZ et pour lesquels les DPE de complaisance réalisés sont encore en vitrine), nous avons vu des vitrines complètes dont les biens sont dans ces classements hauts car certains sont tentés de penser que l’habitat doit avoir les mêmes étiquettes énergétiques que les biens électroménagers dont le classement A est la normalité à tel point qu’il est question de reformater les critères pour éviter le A + et A++ qui ne veulent plus rien dire.


  • Il serait tellement plus simple d’informer les propriétaires et les acquéreurs que les classements en A sont impossibles, en B très rares et C pas très fréquents, pour avoir ce type de classement il faut de l’énergie renouvelable, de l’apport solaire, du gaz avec appareils récents. Comment comprendre que ce même DPE va être à deux niveaux de compétence dont le second niveau pour le tertiaire, est en fait le plus facile techniquement à réaliser ?! (Je dis bien techniquement, car le plus difficile voir l'impossible est de récupérer les trois dernières années de consommation ainsi que les tantièmes quand il s'agit de copropriété)

L’amiante :

Pour ce qui est de l'amiante et du décret 2011-629 du 3 juin 2011, application au 1er février 2012, avec des dates de certification non définies, qu’adviendra-t-il pendant la période transitoire, la France ne pourra plus faire de travaux ou de démolition ?! L’envoi des repérages amiante par courrier recommandé AR ? Et les autres diagnostics, en recommandé aussi ? Encore une mesure visant à alourdir les démarches (compte tenu notamment des délais courts dans lesquels nous devons souvent réaliser les missions) et à alléger nos marges. Etc…, etc…

Avant de mettre en place un texte durcissant, il aurait été plus approprié de faire respecter l'existant.

Pour revenir sur les re-certification, comment seront traités les diagnostiqueurs venant d'être certifiés ou étant certifiés depuis plusieurs mois ?? Pourront- ils exercer pendant les cinq ans que dure de vie de la certification ?? Si c'est le cas, c'est une disparité supplémentaire sur la qualité de la prestation et donc sur le prix de revient et si cela n'est pas le cas, c'est une escroquerie morale et financière de leur avoir fait passé des examens qui seront périmés avant la date normale prévue au référentiel.


Conclusion :

Nous disions, il y a déjà 3 ans maintenant, que si nous ne nous regroupions pas (nous, les indépendants), nous serions condamnés à l’échec au profit des réseaux de franchises ou de structures de grande envergure. Force est de constater, qu’aujourd’hui, plus que jamais (avec la crise de l’immobilier, les nouveaux dispositifs réglementaires et après les nombreuses fermetures de confrères), nous devons agir et nous regrouper pour préserver notre statut de diagnostiqueur indépendant et nos entreprises, défendre le métier que nous aimons et que nous pratiquons tous les jours et faire changer les mentalités en informant le public.

Seul, nous ne pouvons pas le faire, ensemble cela deviendra possible… l’union fait la différence !!